Longtemps considéré comme perdu, Gugusse et l’automate fait aujourd’hui l’objet d’une redécouverte aussi inattendue que fascinante. Ce film, dont il ne subsistait que de vagues mentions dans des archives et quelques souvenirs fragmentaires de passionnés, a refait surface récemment grâce au travail conjoint de collectionneurs et d’institutions spécialisées.
Cette redécouverte est d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’une œuvre de Georges Méliès, l’un des pionniers du cinéma. Né en 1861, Méliès est à la fois réalisateur, illusionniste et inventeur. Il est célèbre pour avoir introduit les premiers effets spéciaux et pour ses films empreints de magie et d’imagination, comme Le Voyage dans la Lune (1902). Son travail a profondément marqué les débuts du cinéma.
L’histoire de la redécouverte commence aux États-Unis, en Pennsylvanie, dans le grenier d’une famille. Un retraité américain, Bill McFarland, y retrouve un vieux coffre contenant plusieurs bobines de films ayant appartenu à son arrière-grand-père, ancien projectionniste itinérant à la fin du XIXe siècle. Pendant des décennies, ces pellicules avaient été déplacées sans que personne ne sache vraiment ce qu’elles contenaient.
Pensant d’abord qu’elles étaient sans grande valeur — et même difficiles à manipuler en raison de leur caractère inflammable — il finit par les confier à la Bibliothèque du Congrès, aux États-Unis. Là, des spécialistes examinent les bobines et identifient, parmi elles, une copie d’un film disparu de Méliès : Gugusse et l’automate, réalisé en 1897.
Le film, d’une durée d’environ 45 secondes, a ensuite fait l’objet d’un travail de restauration avant d’être mis en ligne par l’institution américaine, permettant au public de le découvrir pour la première fois depuis plus d’un siècle.
Présenté aujourd’hui aux cinéphiles, il révèle un univers typique de Méliès, fait de trucages simples, de décors peints et d’un humour visuel caractéristique. On y retrouve également un élément marquant : la présence d’un automate, souvent considéré comme l’une des premières représentations d’un “robot” au cinéma.
Plus qu’une simple curiosité, Gugusse et l’automate est devenu un symbole de la fragilité du patrimoine cinématographique. Sa redécouverte rappelle que de nombreuses œuvres anciennes, parfois conservées dans des lieux inattendus comme des greniers ou des collections familiales, peuvent encore réapparaître et enrichir notre connaissance des origines du cinéma.